Faim dans le monde : quel impact et qui est le plus touché ?

Entre 2022 et 2023, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique a dépassé les 735 millions, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Près de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde sont liés à la malnutrition. Ce fléau persiste alors que la production alimentaire mondiale pourrait théoriquement nourrir l’ensemble de la population. Les disparités régionales, les conflits armés et les aléas climatiques amplifient les inégalités et aggravent l’accès à une alimentation suffisante. Certaines zones géographiques concentrent la majorité des personnes touchées, souvent dans l’indifférence des grandes puissances.

Comprendre l’ampleur actuelle de la faim dans le monde

La faim dans le monde frappe aujourd’hui plus d’un dixième de la population mondiale. En 2023, près de 735 millions de personnes ont vécu une sous-alimentation chronique, d’après la FAO. Ce chiffre ne cesse de croître, alors que l’insécurité alimentaire progresse, en dépit des promesses internationales. Les objectifs de développement durable adoptés par les Nations unies prévoyaient une éradication de la faim d’ici 2030. Au contraire, la réalité s’en éloigne chaque année un peu plus, certains voyants passant même au rouge.

La dégradation de la sécurité alimentaire ne concerne plus uniquement les pays en famine déclarée. Selon les rapports du GRFC et de la Banque mondiale, une malnutrition “invisible” s’installe : carences en protéines, manque de micronutriments, flambée des prix alimentaires… Le quotidien de millions de familles bascule, en périphérie des grandes villes comme dans les campagnes reculées. Si l’Afrique subsaharienne reste gravement touchée, la prévalence de la malnutrition gagne aussi l’Asie du Sud et certaines régions d’Amérique latine.

Trois forces majeures dessinent ce paysage alarmant :

  • les conflits armés et l’instabilité politique, qui déstabilisent durablement les systèmes alimentaires ;
  • les crises climatiques, dont la multiplication des sécheresses ou des inondations bouleverse la production agricole ;
  • les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, aggravées par la guerre en Ukraine, qui perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Dans ce contexte, la malnutrition aiguë progresse, comme le rappelle le Programme alimentaire mondial. Les dispositifs humanitaires peinent à couvrir l’ampleur des besoins. Les indicateurs d’insécurité alimentaire sont désormais surveillés par de nombreuses organisations, de la FAO au PAM, qui tentent d’anticiper les crises et d’adapter leur réponse. Mais l’équilibre reste fragile et la tension, constante.

Pourquoi certaines régions et populations sont-elles plus vulnérables ?

La faim dans le monde ne s’abat pas au hasard. Certains territoires accumulent les facteurs de fragilité. Changements climatiques, conflits armés, institutions défaillantes : voilà le trio qui piège des millions de personnes. La République démocratique du Congo, l’Afghanistan, le Nigeria, le Kenya ou le Malawi en sont des exemples frappants, où la gravité de l’insécurité alimentaire atteint des sommets.

Quand la sécheresse ou les inondations ruinent les récoltes, les marchés locaux s’effondrent et l’insécurité alimentaire aiguë s’installe. La guerre en Ukraine a désorganisé les circuits d’approvisionnement, frappant indirectement des États déjà vulnérables. L’instabilité géopolitique prive alors des millions de personnes d’une alimentation régulière.

Au cœur de ces crises, certains groupes paient le prix fort. Les enfants et les femmes sont les premiers touchés. Les chiffres de la FAO révèlent une aggravation du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans dans les zones où la malnutrition sévit sans relâche. Pour les femmes enceintes ou allaitantes, l’accès limité aux ressources les expose à des carences qui menacent leur santé et celle de leurs enfants.

Voici les conséquences concrètes de cette vulnérabilité accrue :

  • La malnutrition infantile affaiblit la résistance aux maladies et freine le développement cognitif.
  • Les femmes subissent de plein fouet la pauvreté et l’accès restreint aux soins, renforçant leur précarité.

La prévalence de l’insécurité alimentaire révèle bien plus qu’un simple manque de nourriture. Elle s’ancre dans des dynamiques économiques, sociales et environnementales, où chaque choc, hausse des prix, crise politique ou catastrophe naturelle, peut faire basculer des millions de personnes dans une extrême précarité.

Des conséquences humaines, sociales et économiques majeures

La faim et la malnutrition ne se résument pas à une assiette vide. Leurs effets s’enracinent dans la vie quotidienne et s’étendent sur plusieurs générations. Sur le plan humain, chaque épisode de famine laisse derrière lui des vies brisées. Les enfants sont en première ligne : près de 148 millions souffrent de retard de croissance, d’après la FAO. Leur avenir se joue dès aujourd’hui, car la malnutrition aiguë multiplie les risques d’infections, entrave l’apprentissage et compromet l’épanouissement des générations futures.

Quand la sécurité alimentaire vacille, le tissu social se désagrège. Des familles entières doivent fuir, les communautés se dispersent. Les femmes, garantes de la nutrition au sein du foyer, subissent des pressions supplémentaires et voient leurs droits rognés, notamment dans les contextes de conflits ou de déplacements massifs. La rareté des ressources attise alors les tensions et mine la cohésion sociale.

Sur le plan économique, la facture est lourde et universelle. L’augmentation des prix alimentaires, exacerbée par la guerre en Ukraine, frappe d’abord les pays dépendants des importations. Chaque année, la malnutrition coûte des milliards de dollars en productivité perdue, freinant durablement le développement. Les systèmes de santé, déjà sous pression, peinent à gérer les complications nutritionnelles. Ce cercle vicieux alimente la pauvreté et renforce l’exclusion.

Ces réalités se manifestent à travers plusieurs exemples :

  • La pandémie de Covid-19 a provoqué une aggravation des inégalités, perturbé les approvisionnements et accentué la précarité alimentaire.
  • La dépendance vis-à-vis des exportations de ressources naturelles rend certains pays encore plus vulnérables aux chocs extérieurs, rendant la reprise plus incertaine.

Homme âgé dans une file d

Quelles solutions concrètes pour combattre la faim à l’échelle mondiale ?

Face à la faim dans le monde, seule une réponse collective et coordonnée peut faire bouger les lignes. La FAO, le PAM, l’ONU et d’autres acteurs appellent à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Agir efficacement suppose d’aller au-delà des interventions d’urgence : distribuer des vivres permet d’éviter des drames immédiats, mais seul un changement structurel des systèmes agricoles offre une solution durable.

Des experts de la Banque mondiale et d’Oxfam mettent en avant l’appui à l’agriculture familiale, pilier nourricier de nombreuses populations rurales. Investir dans les infrastructures rurales, irrigation, routes, stockage, permet de limiter les pertes post-récolte et de garantir un accès stable aux marchés. Parmi les mesures avancées, la création d’un impôt de 1 % sur les profits des entreprises fossiles fait figure de levier pour dégager de nouveaux financements et répondre à l’urgence.

Parmi les leviers d’action concrets, plusieurs axes se distinguent :

  • Mettre en place un véritable filet de protection sociale pour les foyers les plus fragiles.
  • Alléger la dette des États les plus exposés afin de dégager des ressources pour l’alimentation et la santé publique.
  • Favoriser la transition vers une alimentation saine et accessible, tout en luttant contre la spéculation sur les produits de première nécessité.

La coopération internationale doit s’intensifier. Le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union européenne sont poussés à s’attaquer non seulement aux conséquences, mais aussi aux racines structurelles des crises alimentaires, en intégrant les enjeux climatiques et les conflits. Les objectifs de développement durable n’auront de sens que si la lutte contre la malnutrition prend une place centrale dans les politiques publiques. Tant que la faim persiste, le monde garde en lui une part de contradiction difficile à ignorer. La ligne de front, elle, ne recule pas : elle attend un sursaut, pas seulement des chiffres.

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