Chaque année, les urgences enregistrent une flambée de blessures dues aux chutes sur neige ou verglas. En cause, souvent, des chaussures mal adaptées, bien plus que l’état des trottoirs ou l’éclairage des rues. L’Institut national de santé publique le confirme : un pas mal assuré, et c’est le risque de fracture qui grimpe de 40 % en hiver, notamment au poignet ou à la hanche.
Pourtant, des équipements simples, trop souvent mis de côté, suffisent à réduire ces dangers de manière tangible. Quelques gestes validés par des spécialistes, appliqués avec régularité, évitent bien des accidents sans chambouler le quotidien.
Pourquoi marcher sous la neige demande une attention particulière
Marcher sur une surface enneigée ne s’apparente pas à une simple sortie hivernale. Le sol se fait traître : il s’assouplit, se dérobe, ou se transforme en patinoire. La visibilité baisse, le froid s’installe pour de bon. Neige et verglas entraînent chaque hiver leur lot de glissades, parfois suivies de chutes sévères. Chez les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, une fracture du poignet ou de la hanche se produit en un instant.
Le froid se fait plus mordant quand souffle le vent, et le moindre vêtement humide fait chuter la température corporelle. Les habitués du grand air le savent : marcher dans la neige, c’est s’épuiser plus vite, rallonger le trajet, risquer de perdre ses repères si le sentier disparaît sous la couche blanche. Même les plus chevronnés ne sont pas à l’abri d’une désorientation soudaine.
Face à ces risques, voici les principaux points de vigilance :
- Les engelures et onglées atteignent vite les doigts et les orteils s’ils ne sont pas bien protégés.
- La déshydratation s’installe sans bruit, favorisée par l’air froid et sec.
- Brouillard, neige tombante : les repères visuels disparaissent, rendant difficile l’estimation réelle des distances.
Que l’on soit simple promeneur, randonneur aguerri ou habitué des hivers rigoureux, la vigilance s’impose. Fatigue, froid, perte d’orientation : ce trio impose de se préparer avec soin et d’être attentif à chaque sortie durant la saison froide.
Quels équipements privilégier pour garder équilibre et chaleur
La neige transforme chaque déplacement en épreuve d’équilibre. Pour affronter ces conditions, il vaut mieux miser sur des chaussures antidérapantes ou des bottes en cuir dotées de semelles crantées. Dès que les surfaces se font glissantes, les crampons neige ou les surchaussures à crampons deviennent des alliés précieux, car ils renforcent l’adhérence et sécurisent les foulées. Les bâtons de marche, munis de rondelles larges, offrent un appui rassurant sur terrain instable.
Contre le froid, il ne s’agit pas de multiplier les couches au hasard. Le système des trois couches s’impose :
- Première couche respirante (laine mérinos ou textile technique), pour évacuer la transpiration.
- Deuxième couche isolante (polaire ou doudoune légère), qui retient la chaleur.
- Troisième couche imperméable, afin de bloquer neige et vent.
Ne laissez pas vos extrémités exposées : le bonnet et les gants, ou mieux, des moufles, sont incontournables. Les guêtres se chargent de préserver le bas des jambes des infiltrations de neige.
Dans un sac à dos imperméable, glissez ce qui suit : couverture de survie, lampe frontale, lunettes de soleil contre la réverbération, crème protectrice pour la peau. Bien équipé, on affronte l’hiver avec assurance : stabilité et chaleur sont alors au rendez-vous.
Petites astuces pour éviter les glissades et se déplacer sereinement
Pour marcher en toute sécurité sur la neige, il ne suffit pas de raccourcir le pas. Commencez par préparer votre itinéraire : en hiver, un détour de quelques centaines de mètres peut s’avérer bien plus sûr qu’un chemin escarpé ou exposé. Avant de partir, vérifiez la météo, adaptez la durée et la difficulté de la sortie selon l’éclairage et les conditions annoncées.
Sur une surface gelée, marchez à petits pas, posez le pied à plat, en gardant le centre de gravité bas. La technique du “pingouin”, pieds légèrement ouverts, pas courts, réduit le risque de chute sur le verglas. Les bâtons de marche stabilisent la démarche, surtout dans les descentes.
Ne partez jamais sans un téléphone chargé, un sifflet et un moyen de vous orienter (GPS, carte ou boussole). Ces outils sont précieux si la visibilité s’effondre, pour éviter de perdre ses repères dans un paysage uniformément blanc. Même sans soif apparente, buvez régulièrement : la déshydratation s’installe vite et aggrave la fatigue, augmentant le risque d’hypothermie.
Pensez à faire des pauses, à fractionner vos efforts et à surveiller le temps pour éviter de finir la marche dans la nuit glaciale. En hiver, le corps brûle plus de calories : une alimentation riche en glucides aide à tenir la distance, surtout quand la neige se fait profonde. Restez attentif à votre environnement et à vos sensations : la neige ne laisse aucune place à l’improvisation.
Profiter pleinement de l’hiver tout en restant vigilant
Marcher sous la neige exige une adaptation à chaque détail. Passer une nuit dehors en hiver ne s’improvise jamais : il faut prévoir un sac de couchage isolant et un matelas adapté pour ne pas perdre sa chaleur au contact du sol. Sur le terrain, le réchaud à essence s’impose : il fonctionne mieux que le gaz, souvent défaillant quand la température chute. La bouteille isotherme garde la boisson chaude et évite de devoir casser une croûte de glace pour boire, scénario courant lorsque le mercure plonge.
En cas de nuit en refuge d’hiver, attendez-vous à un confort spartiate, bien loin de celui que l’on trouve en saison douce. Avant de partir, testez tout votre matériel : superposez les couches, vérifiez la protection des extrémités avec bonnet, gants et guêtres. Ralentissez le rythme : la neige épuise plus vite et chaque pas demande un effort supplémentaire. Faites des pauses, fractionnez le parcours.
La gestion de l’humidité devient primordiale : changez sans attendre tout vêtement mouillé, sous peine de voir le froid s’installer durablement. Fuyez les zones exposées au vent fort, et n’insistez pas si la météo vire au mauvais. Rappelons-le : la vigilance ne gâche pas le plaisir de la randonnée hivernale. La montagne ne se conquiert pas : elle s’apprivoise, pas à pas, dans le respect de ses humeurs.


